Mis à jour À la une Audio Blast V10F : le Kawai 100F revisité en plugin

Construire son système

Eurorack : comprendre le format avant d’acheter son premier boîtier

Le format Eurorack obéit à quelques cotes simples : 3U de haut, des largeurs en HP, une alimentation ±12 V. Les bases à maîtriser pour choisir un boîtier et brancher un module sans risque.

Un système modulaire au format Eurorack câblé
Photo : Matthew G Daniel / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Le modulaire attire par sa liberté : chaque module est une brique, et vous décidez du câblage. Mais avant le premier module vient une question moins excitante et plus structurante : le boîtier. Il fixe la place disponible, la puissance d’alimentation et, au fond, la taille de votre système pour plusieurs années.

Le format en trois cotes

L’Eurorack repose sur le système A-100 de Doepfer, dont la documentation technique reste la référence. Trois mesures suffisent à comprendre l’essentiel.

  • La hauteur : 3U. Une unité de rack (U) vaut 44,45 mm, soit 133,4 mm pour trois. Les faces avant des modules mesurent 128,5 mm, pour laisser passer les rails.
  • La largeur : le HP. Un HP (horizontal pitch) vaut 5,08 mm, soit un cinquième de pouce. Un module se décrit par sa largeur en HP : 4 HP pour un utilitaire étroit, bien plus pour un oscillateur complexe.
  • L’alimentation : ±12 V. Les modules A-100 se contentent de +12 V et −12 V ; certains modules plus anciens réclament en plus du +5 V.
128,5 mm3U = 133,4 mm1 HP = 5,08 mm8 HP = 8 × 5,08 mm de railNappe 10 ou 16 brochesbande rouge = -12 V, vers le bas16 broches : + 5 V, CV et Gate en plus
Cotes de référence du format, d’après la documentation technique de Doepfer.

La nappe d’alimentation, le point qui ne pardonne pas

Chaque module se raccorde au bus d’alimentation du boîtier par une nappe. Il en existe deux versions : 10 broches, qui transporte le −12 V, la masse et le +12 V, et 16 broches, qui ajoute le +5 V ainsi que deux lignes CV et Gate partagées sur le bus.

Le repère à retenir est la bande rouge de la nappe : elle correspond au −12 V et se place vers le bas, du côté marqué −12 V sur la carte de bus. Doepfer résume la règle en trois mots dans sa documentation : « red strip down ». Vérifiez aussi le sens côté module, en suivant l’indication du fabricant, avant de mettre sous tension.

Choisir un premier boîtier

Compter en HP, pas en modules

Un boîtier se décrit par le nombre de rangées et la largeur utile de chaque rangée, en HP. Faites la somme des largeurs des modules envisagés, puis gardez de la marge : un système s’agrandit presque toujours.

Vérifier le budget d’alimentation

Chaque module indique sa consommation en milliampères sur le +12 V, le −12 V et, le cas échéant, le +5 V. Additionnez rail par rail et comparez à ce que l’alimentation du boîtier fournit. Un boîtier bien rempli mais sous-alimenté provoque des comportements erratiques, voire des pannes.

Prévoir la profondeur

Les modules n’ont pas tous la même profondeur. Un boîtier très plat limite le choix : notez la profondeur disponible et comparez-la aux modules qui vous intéressent.

Avant le modulaire, comprendre la synthèse

Un système modulaire ne fait rien tant que vous ne l’avez pas câblé. Les bases d’une voix soustractive, oscillateur, filtre, amplificateur et enveloppe, sont exactement les mêmes que sur un synthé intégré. Si l’enveloppe ADSR ou la notion de voix et de polyphonie restent floues, un semi-modulaire ou un synthé logiciel gratuit sont d’excellents terrains d’entraînement avant d’investir dans un boîtier. Côté salons, c’est au Superbooth que le modulaire se montre le plus.

Pour aller plus loin sur les cotes, la documentation mécanique du système A-100 chez Doepfer détaille hauteurs et largeurs, et la page consacrée au bus d’alimentation décrit les nappes 10 et 16 broches.

Mon avis

Le boîtier est l’achat le moins glamour d’un système modulaire et celui qui conditionne tout le reste. Mieux vaut un boîtier un peu trop grand, avec une alimentation confortable, que l’inverse : les modules se revendent, une alimentation sous-dimensionnée vous suit partout. Et la bande rouge mérite trente secondes de vérification à chaque branchement, même au centième module.