Mis à jour À la une AudioThing Materia : un resynthétiseur additif qui transforme un échantillon en instrument

Modulation et enveloppes

L’enveloppe ADSR : régler attaque, decay, sustain et release sans tâtonner

Quatre curseurs, trois durées et un niveau : l'enveloppe ADSR façonne la vie d'une note. Comment elle fonctionne, et des réglages de départ pour les sons les plus courants.

Curseurs d'enveloppe ADSR sur la façade d'un Korg ARP Odyssey
Photo : Ashley Pomeroy / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Un oscillateur produit un son continu. Ce qui transforme ce son en note, avec un début, une tenue et une fin, c’est l’enveloppe. La plus répandue porte le nom de ses quatre paramètres : ADSR, pour Attack, Decay, Sustain et Release.

Trois durées et un niveau

Le point qui piège la plupart des débutants : les quatre curseurs ne mesurent pas la même chose.

  • Attack : le temps que met l’enveloppe pour monter de zéro au maximum, à partir du moment où la touche est enfoncée.
  • Decay : le temps de descente du maximum jusqu’au niveau de sustain.
  • Sustain : un niveau, pas une durée. L’enveloppe y reste tant que la touche est tenue.
  • Release : le temps de retour à zéro une fois la touche relâchée.
niveautempsAttack (durée)Decay (durée)Sustain (niveau)Release (durée)touche enfoncéetouche relâchée
Trois durées et un niveau : le sustain est le seul paramètre qui ne se mesure pas en temps.

Conséquence : avec un sustain à fond, le decay n’a aucun effet audible, puisqu’il n’y a rien à descendre. Avec un sustain à zéro, la note s’éteint d’elle-même au bout du decay, même si vous gardez la touche enfoncée.

Une enveloppe pour le volume, une autre pour le filtre

Sur la plupart des synthés soustractifs, une enveloppe pilote l’amplificateur (le volume de la note) et une autre module le filtre ou la hauteur. Le Korg minilogue xd en donne un bon exemple : son enveloppe d’amplitude dispose des quatre réglages ADSR complets, tandis que la seconde se limite à l’attaque et au decay, avec une intensité réglable et trois destinations au choix (hauteur, hauteur du second oscillateur ou fréquence de coupure). La fiche technique du minilogue xd détaille ces paramètres.

Une enveloppe courte sur le filtre, combinée à une enveloppe de volume plus longue, produit le « pluck » typique : une attaque brillante qui s’assombrit aussitôt.

Réglages de départ

Son viséAttackDecaySustainRelease
Nappelentemoyenhautlongue
Basseimmédiatecourt à moyenmoyen à hautcourte
Percussion, pluckimmédiatecourtzérocourte
Orgueimmédiatesans effetmaximumtrès courte

Ces valeurs sont des points de départ, pas des recettes : la même attaque « lente » n’aura pas la même durée d’un instrument à l’autre, les courbes et les plages de réglage varient selon les constructeurs.

L’enveloppe et le nombre de voix

Sur un polyphonique, chaque voix a ses propres enveloppes : chaque note de l’accord vit sa vie. Sur un paraphonique, les notes partagent souvent une même enveloppe, ce qui change le comportement des accords. Nous détaillons cette différence dans notre guide sur la polyphonie et la paraphonie. Le principe est identique sur un système Eurorack, où l’enveloppe devient un module à part entière que vous câblez où vous voulez, et sur un synthé logiciel.

Korg consacre une vidéo de prise en main au minilogue xd, qui montre ses enveloppes en situation :

Mon avis

L’enveloppe est le réglage le plus sous-estimé d’un patch. On passe des heures sur les oscillateurs et le filtre, alors qu’un decay mal placé suffit à rendre un son raide ou mou. Un exercice simple : prendre un preset qui vous plaît, remettre les deux enveloppes à zéro et les reconstruire à l’oreille. En dix minutes, vous comprendrez davantage le son qu’en lisant n’importe quelle fiche technique.