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Plugins de synthé

Phaseburn One 1.0 : un synthé plugin bâti sur une boucle à verrouillage de phase

Phaseburn One sort en version 1.0 à 149 € : un synthé plugin dont la voix principale est une boucle à verrouillage de phase, avec un séquenceur probabiliste qui sort du MIDI et un rack d'effets à entrée audio.

Interface de Phaseburn One, onglet OSC : rangées de potentiomètres de la section Phase Locked Loop, oscillateurs Morphing et Vector, enveloppe de volume et clavier virtuel
Capture : Phaseburn Music (phaseburn.music)

Phaseburn Music a publié le 15 octobre 2026 la version 1.0 de Phaseburn One, premier synthé de ce petit studio, en bêta publique depuis la fin de l’été. C’est la première version complète et payante : selon les notes de version, les 256 préréglages d’usine sont finalisés, un nouveau patch INIT sert de point de départ et une série de corrections touche les transitoires, la vélocité et la FM.

Une voix construite autour d’une PLL

Le cœur de l’instrument est une boucle à verrouillage de phase (PLL), un circuit venu de la radio : un oscillateur écoute une référence, mesure son écart de phase et se corrige en permanence. Phaseburn One en fait sa voix principale. Réglée serrée, la boucle se verrouille et donne une hauteur stable ; relâchée, la poursuite elle-même s’entend : glissements, dépassements, sirènes et grognements.

Schéma d’une boucle à verrouillage de phase : référence, comparateur, filtre, oscillateur, retour Référence Comparateur de phase Filtre de boucle Oscillateur retour : l’oscillateur est comparé à la référence (TRACK, DAMP, INFLUENCE)
Principe d’une boucle à verrouillage de phase. Schéma : Synth News, d’après la documentation Phaseburn.

Trois réglages pilotent ce comportement : TRACK (vitesse de poursuite), DAMP (freinage de la correction) et INFLUENCE (force de la référence). Des macros (GRIP, FIGHT, COLOR, WIDTH) ouvrent la boucle à l’oreille, une vue PLL LAB la représente en direct, et la référence peut venir d’une autre sortie du synthé ou d’un signal audio externe.

Quatre sources dans une seule voix

  • PLL : la voix principale décrite plus haut.
  • VECTOR : un oscillateur à vector phase shaping, méthode publiée en 2011 qui déforme la phase d’une onde autour d’un point mobile (coordonnées X et Y), avec une section FM.
  • MORPH : douze familles d’ondes, dont sept dents de scie désaccordées, un additif jusqu’à 64 harmoniques, une synthèse de voyelles et une table d’ondes spectrale.
  • Sub : un sous-oscillateur de trois octaves sous la note à une au-dessus, qui peut contourner les effets pour garder le grave intact.

Les quatre sources partagent une seule voix, mais un mode paraphonique peut donner à chacune sa propre note : un accord de quatre sons qui passent par le même filtre et la même enveloppe. La différence avec un vrai synthé polyphonique est expliquée dans notre article sur la polyphonie et la paraphonie.

Un séquenceur qui tire au sort

Le module Groove ne raisonne pas en pas mais en probabilités : 152 cases sur une mesure, réparties sur trois grilles simultanées (binaire, ternaire, pointée), chacune avec sa chance de jouer. Une carte de « force » marque les temps qui comptent, et 127 figures rythmiques servent de point de départ. Chaque note générée sort du plugin en MIDI vers l’hôte, donc vers d’autres instruments.

Un rack d’effets qui traite aussi l’audio

Deux filtres (échelle à quatre pôles et filtre à variables d’état, avec un MORPH entre les deux), un délai à décalage de fréquence, une réverbération à réseau de lignes à retard, chorus, distorsion, bitcrusher, un « freezer » granulaire et une section master avec limiteur. Tout se câble dans une baie de brassage, en 64 bits, et une entrée audio permet de passer une piste du projet dans le rack sans jouer de note.

La démo officielle, où tout le son vient de l’instrument :

Pour qui, à quel prix, face à quoi

Pour qui. Le producteur de musiques électroniques qui cherche des basses et des textures qu’un soustractif classique ne donne pas, et des grooves qui varient d’une mesure à l’autre. Pas pour qui veut l’émulation d’un synthé connu : l’éditeur précise que Phaseburn One n’émule aucun appareil.

À quel prix. 149 € TTC, licence perpétuelle sans DRM, activable hors ligne sur trois machines, mises à jour 1.x incluses. Formats VST3, CLAP et autonome sur macOS et Windows, AU sur macOS. Une démo gratuite complète existe ; elle impose une baisse de volume périodique et empêche l’export.

Face à quoi. À ce prix, Phaseburn One se range parmi les synthés logiciels à moteur atypique plutôt que face aux généralistes. Il rejoint l’additif COLAPSO d’Imaginando, qui construit ses sons à partir de spectres d’éléments chimiques, et Materia d’AudioThing, qui resynthétise un échantillon. Son avantage propre : le séquenceur probabiliste qui sort du MIDI et le rack à entrée audio, qui en font aussi un effet. Sa limite : une seule voix, et une architecture qui se découvre plus qu’elle ne se maîtrise d’emblée. Avant installation, une note de l’éditeur : la 1.0 remplace les banques d’usine, il faut donc sauvegarder ses patchs dérivés dans une banque utilisateur.